• Jean-François Grard

Mettre en scène - Caroline Loeb

Dernière mise à jour : 26 juil. 2021

Mettre en scène, un portrait entre trouver sa place, spectacles et temps présent.


Le récit posté ci-dessous s'inspire librement de l'entretien mené par Isabelle avec Caroline Loeb. Si vous désirez écouter cet entretien, vous pouvez le retrouver ici


Les récits de cette collection s'inspirent des entretiens passionnants menés par #IsabelleLayer dans son podcast 'Viser la lune', podcast que vous pouvez retrouver ici.


#ViserlaLune-Lepodcast vous offre des #interviewsinspirantes où des personnalités partagent, en toute intimité, les (més)aventures qu'elles ont vécues sur le chemin de leurs rêves.


Je remercie Isabelle de m'avoir donné l'autorisation de m'inspirer de ses entretiens.


Depuis que nous sommes confinés, j'ai pu sortir la tête du guidon et me poser des questions essentielles. Pourquoi je fais ce métier ? Quel est le message que je raconte ?


Je suis une artiste, c’est le cœur de ma vie. La musique, l’opéra, la littérature, l’art dans son ensemble m’ont sauvé. C’est la plus belle part de l’humanité et une partie essentielle de ma vie. L’art est une création qui permet de révéler différentes parties de soi, les côtés plus sombres, l’insouciance. Mettre en scène une pièce pour dévoiler tous ce que j’ai dévoré comme films, comme pièces de théâtre. Toute la littérature que j’ai ingurgitée.


Je ne me voyais pas faire autre chose de ma vie. Je me voyais sous les feux d’Hollywood, une actrice sublimée. J’étais sur un volcan.


J’ai vécu mon enfance, joyeuse, à New-York. Chaque année, je regardais le magicien d’OZ. Je traversais Central Park. Mon enfance, c’était l’apogée de l’American Way of Life, une bulle de joie et de bonheur. J’ai gardé de cette période l’envie, sans complexe, de faire un tas de choses différentes.


Quand ma chanson est sortie, j’ai vécu un véritable tsunami, une expérience de dingue. On l'entendait où que j’aille, j’étais de tous les évènements. Interviewée partout. J’ai trouvé le succès génial à vivre. Mais j’étais pressée de toute part. Un jour, sans prévenir, ça s’est arrêté. J’étais vidée.


J’ai pris le pont à pleine vitesse, sans freiner. J’ai été expulsée du show-biz mais ça a été bénéfique pour moi. J’avais perdu pied avec le concret. J’avais claqué l’argent à tout va et j'avais de nombreuses ardoises. Cet arrêt obligé m’a permis de réfléchir aux raisons profondes de faire ce que je faisais. J’aurais pu gagner plein d’argent mais ce n’était pas ce que je voulais.


La mise en scène m’a sauvé la vie. Un hasard. Un ami qui montait un spectacle m'a demandé conseil. J'ai pu lui m'appuyer sur tout ce que j'avais vu dans ma jeunesse pour lui faire part de ce que je ressentais. Je me trouvais à la place où on décide. C’était ma place. J'ai constaté que quand des répliques me faisaient rire, la salle riait, quand d’autres me faisaient pleurer, la salle versait des larmes. Je me suis connectée à qui j’étais, à ma juste place.

Beaucoup de femmes m’ont inspiré, ont cassé des codes, comme Joséphine Baker ou Marlène Dietrich, et voilà que moi aussi je cassais les codes. J’étais metteuse en scène après avoir fait un tube. Comme beaucoup d’autres femmes avant moi, curieuses, gourmandes, j’ai dû me battre pour me faire entendre. J’ai gouté au music-hall, menant la revue sur le devant de la scène. Visitant les coulisses, découvrant les artistes, c’était magique.


J’ai traversé des choses compliquées. Pour pouvoir trouver une place à la hauteur de mes rêves, résoudre des situations. J'ai pu créer, en essayant chaque fois de faire un peu mieux. Ca m’a permis d’avoir un rapport au monde, aux autres.


J’ai eu de nombreuses discussions et partagé des choses essentielles à la fin de mes spectacles, parfois philosophiques, abordant des thèmes qui me sont durs, comme la solitude ou la mort.


Je sais que tout va s’arrêter un jour, alors je vis au présent. Je passe à l’action parce que le temps court. Le moment c’est maintenant. Je ne sais pas si les choses vont redémarrer, et s’il le faut, je suis prête à arrêter, à m’arrêter.

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