• Jean-François Grard

Croqueuse de vie à temps plein - Pénélope Boeuf

Dernière mise à jour : 26 juil. 2021

Croqueuse de vie à temps plein, un portrait entre voix, audace et opportunité.


Le récit posté ci-dessous s'inspire librement de l'entretien mené par Charlotte avec Pénélope Boeuf. Si vous désirez écouter cet entretien, vous pouvez le retrouver ici


Les récits de cette collection s'inspirent des entretiens passionnants menés par @Charlotte Desrosiers Natral dans son podcast 'Pourquoi pas moi?', podcast que vous pouvez retrouver ici.

@PourquoiPasMoi-Lepodcast vous offre des #interviewsinspirantes où des personnes qui ont un jour rêvé changer de vie, ont osé écouter leur petite voix pour franchir le pas.

Je remercie Charlotte de m'avoir donné l'autorisation de m'inspirer de ses entretiens.


Aujourd’hui, je croque les bonbons de la vie à pleines dents. Au sens propre comme au sens figuré. J’aime ce que je fais, je suis podcasteuse.

Podcasteuse ? C’est pas un job ça.


Eh bien si. Aujourd’hui, je fais ce que j’ai toujours aimé faire. Je raconte des histoires. Je raconte le quotidien de personnes de mon entourage qui m’inspirent. Je raconte également des histoires de personnes nées de mon imagination. Comment en suis-je arrivé là ?

Les aléas de la vie. Les rencontres qui se font. Et puis, l’audace, l’audace de croire en ce qui nous anime au plus profond de lui.

Est-ce que j’aurais cru faire ça un jour ? Certainement pas. Tu n’imagines pas l’enfant timide que j’étais. Incapable de demander un ticket de bus au chauffeur. Encore moins de lui demander de me prévenir quand arrivait mon arrêt de bus. J’en ai raté quelques-uns d’ailleurs d’arrêts. Oui, d’accord, maintenant, je m’enregistre et je parle à des milliers de gens. Mais je n’ai pas pu y arriver sans être tombée auparavant.


Je suis née à Londres. J’ai vécu la vie d’expatriée pendant quelques années avant de revenir en France. Mes parents étaient directeur d’une agence de voyage pour mon père et psy pour ma mère. La vie était confortable. J’y ai appris l’anglais, même si j’allais dans une école française.


Je plante le décor d’une enfance heureuse, où je faisais énormément de sports, où je m’éclatais et je me donnais au maximum dans ce que je faisais. De retour en France, j’ai été renversée par une voiture. Quelques mois de revalidation à la maison. Je passais mon temps dans ma chambre à regarder des séries et à construire mon imaginaire. Est-ce ça qui me permets aujourd’hui de raconter la vie de tout un chacun avec autant d’aisance ? Je ne sais pas. Cet accident m’a aussi permis de prendre du recul sur la vie.


Après le bac, je me suis lancée dans une carrière de juriste. Par défaut, non. Parce que le chemin en sortie était bien plus rectiligne, sans doute. Parce que je n’avais pas saisi toutes les opportunités qui se proposaient à moi. Peut-être.


J’aurais pu être actrice, tu le savais ? Au milieu de mes études de droit, j’ai eu la possibilité d’entrer dans une école qui préparait aux beaux-arts. J’avais fait des pieds et des mains dans un bar pour convaincre le directeur de l’école de m’accorder une chance de le convaincre de mes talents. Les inscriptions étaient finies, l’année commencée. Je crois que je l’ai tellement saoulé qu’il a fini par me dire oui. Et pourtant, je ne me suis jamais présentée à ce rendez-vous. J’ai cédé ma place à une comédienne de la troupe de théâtre dans laquelle je passais certaines heures de ma semaine. Parce qu’elle avait plus de talent que moi ? Parce qu’elle rayonnait ? Parce que je n’y croyais pas ? Qui sait ? Je ne referais pas le monde. Je n’étais pas prête pour saisir cette occasion, c'est tout.


Quand j’ai eu fini mes études, je suis entrée dans une boîte qui démarrait. J’ai gravi les échelons et je suis devenue gestionnaire d’une petite équipe en région. Je me débrouillais plutôt pas mal mais j’étais incapable de gérer une équipe. Et ils en profitaient. Finalement, je me suis grillée à ne pas me sentir soutenue. Je me suis cramée au point de ne rien pouvoir faire d’autre que péter un plomb un soir, et claquer la porte de l'entreprise pour ne plus jamais y revenir. J’ai essayé pourtant, après un mois d’arrêt. Mais c’était fini. Je ne pouvais plus voir cette société en peinture. C’était de la répulsion physique, même si aucun symptôme n’était apparent. Essayez de faire comprendre cela. Peine perdue.


Que faire après ? Me remettre sur pieds. Et tenter l’expérience de lancer ma propre société. Nous nous y sommes mis à deux, avec une amie, en mettant en commun nos économies, sans demander l’accord de qui que ce soit. Pour moi, c’était la première fois que je m’y autorisais. Faire quelque chose que je sentais. C’est le moment où je suis devenue adulte. L’entreprise a tellement bien marché, et nous l’avons revendue.


Retour pour moi à la case fauteuil, pendant quelques temps, en me reposant sur l’argent que j’avais emmagasiné. En attendant qu’on vienne me chercher, j’ai essayé d’autres domaines, comme consultante en marketing digital, mais ce n’était pas spécialement mon truc.


Et puis un jour, un concours de circonstances. Je me retrouve sur une radio pour devenir chroniqueuse dans une émission matinale. Miracle, magouille ou je ne sais pas trop comment, me voilà engagée pour être le faire-valoir d’un routinier de la radio. Était-ce prévu dans le contrat ? Je ne sais plus mais c’est comme cela que je l’ai vécu. Pendant un an, je n’ai pas prononcé plus de trois phrases avant qu’il m’oblige à me taire. Je passais un temps fou à préparer cette émission pour quelques cacahuètes et je me faisais rabrouer à tout moment. Finalement, j’ai fini par claquer la porte en lui proposant aimablement d’aller se faire foutre. J’avais appris une chose du burn-out que j’avais fait auparavant, c’est qu'à un moment, il faut pouvoir se respecter pour ne pas sombrer.


Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai décidé de produire mes propres émissions, sur la toile. Les podcasts commençaient. J’avais une envie folle de raconter des histoires, et quelques sujets dans les manches. J’ai lancé mon premier sujet qui a été accueilli avec intérêt. J’ai persévéré et un jour, je me suis retrouvée avec près de 10000 écoutes et de nombreux commentaires positifs. Franchement, la folie. Je gagnais un peu ma vie grâce aux écoutes que faisaient mes podcasts.


J’en ai lancé d’autres, des podcasts de fiction, avec d’autres intervenants. Des entretiens avec des personnes qui m’inspiraient et que je retravaillais à ma sauce. Des histoires, de nombreuses histoires.


Tu me demanderais ce que je vais faire maintenant. Je ne sais pas trop. J’ai envie de monter sur scène pour faire mon propre one-woman-show. Un show qui me correspondrait. Un truc un peu décalé, hors du moule. Hors du cadre, comme mes podcasts, sans écouter ce que tout le monde fait. Je n’ai pas besoin d’inspiration. Elle nait là quand j’en ai besoin.


Tu sais, je suis heureuse finalement d’avoir écouté cette voix qui me disait de me lancer dans ce que je savais faire de mieux, raconter des histoires, et ne pas avoir lâché. Être allée au bout de mes rêves, de mes envies, et avoir cru en cette étoile qui brillait au-dessus de moi. J’ai fait les bonnes rencontres au bon moment. J’étais ouverte à cela. J’ai aujourd’hui tout un groupe de personnes dont j’ai fait la connaissance sur mon parcours et qui sont devenues des amis.


Je suis heureuse, et je croque la vie au présent.

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