• Jean-François Grard

Sans le masque - Noel Marchisio

Dernière mise à jour : 26 juil. 2021

Sans le masque, un portrait entre harcèlement, découverte et confiance.


Le récit posté ci-dessous s'inspire librement de l'entretien mené par Sylvie avec Noël Marchisio. Si vous désirez écouter cet entretien, vous pouvez le retrouver ici.


Les récits de cette collection s'inspirent des entretiens passionnants menés par @Syvie Richard dans son podcast ''Heureux et surdoués', podcast que vous pouvez retrouver ici.


Le podcast Heureux et surdoués vous fait découvrir des portraits positifs et inspirants de personnes haut potentiel en paix avec leur mode de fonctionnement.


Je remercie Sylvie de m'avoir donné l'autorisation de m'inspirer de ses entretiens.


Suis-je seul à porter ce masque ?


Je le porte depuis si longtemps maintenant. J’aurai pu l’enlever bien plus tôt mais ce n'est que récemment que j'en ai pris conscience. Ca fait tellement longtemps que j’ai cette envie d’hurler. Aujourd’hui, je fais mon coming out. Le harcèlement de mes collègues qui dure depuis des années m’a poussé à passer des tests, des bilans.


Pendant 42 ans, j’ai fait le rigolo pour qu’on me remarque. Aujourd'hui, sans filtre, sans armure, je me sens mieux.


Haut potentiel. J’ai 42 ans et je ne l’ai jamais su. On m'en a touché un mot lorsque j'étais à l'armée mais je n’en ai pas tenu compte. C’était il y a 20 ans, un sujet dont on ne parlait pas à l’époque. J’aurais pu m’en douter, je n’étais pas bon à l’école et je finissais pourtant premier de ma promo.


Depuis 20 ans, je travaille dans une usine. Au quotidien, quand je vois des pistes d'amélioration, j’essaye d’apporter des solutions, ce qui passe souvent pour du fayotage auprès de certains de mes collègues.


Lorsque je quitte le boulot, pour pouvoir m’évader, je me réfugie dans les jeux vidéos, je me fais des amis virtuels. Avec eux, je suis en sécurité, je ne dois pas leur donner ce que je donne aux autres. Trop.


La psy du travail m’a conseillé un jour de passer le test WAIS. J’en avais peur, et pourtant, j'en suis sorti avec un papier et une clé pour me comprendre. Depuis que je le sais, j'ai décidé de m'en servir. Là où certains voient la douance comme quelque chose de négatif, et même si j’en ai souffert pendant des années, maintenant je m'en suis libéré.


J’aurais aimé le savoir, étant jeune. Je n’aurais peut-être pas revêtu ce costume qui n’était pas le mien pendant tant d’années. Mais je n'avais pas d’informations sur le sujet. Alors j’ai enfilé ce costume de solitude.


Depuis que je le sais, je l'ai laissé tomber et la chenille est devenue papillon. Je voulais en parler dans l’entreprise et monter une structure pour que d’autres qui s'y reconnaissent puissent aussi se comprendre. Mon psy voulait m’accompagner dans cette démarche mais mon employeur n’a rien compris.


En ce jour, les choses ont changé dans l’entreprise. Je ne suis plus en bout de chaîne. Je connaissais tout de cette chaîne, et aujourd’hui les maillons sont brisés. Maintenant, je bosse à la maintenance. Changement de collègues. Je suis autonome et je m’éclate. J’ai la charge de mes projets. De A à Z.


J’ai trouvé un métier qui me convient. Je ne me cache plus. J’utilise mes talents. J’ai une mémoire de fou, je suis pragmatique, je suis le plus explicite possible. Je suis simple et efficace. J’apporte un autre regard. Je travaille en binôme et nous sommes complémentaires.


Je suis en confiance. Je donnais beaucoup, je faisais rarement appel aux autres. Les choses ont changé. J'ai la confiance de mes collègues. J’ai repris des cours, suivi des formations et grimpé les échelons. J’ai beau être autodidacte, j’ai besoin de me former sur des matières que je ne maitrise pas, comme l’anglais par exemple. J’apprends aussi beaucoup des personnes qui m’entourent. J’ai toujours besoin de me développer, de me lancer des défis. Je sais que je vais vite, que j’apprends vite.


Mon équilibre aujourd’hui, c’est ma famille et mon travail. J’ai trouvé ce qui me plaisait, j’ai mon autonomie. J'aime toujours autant le travail bien fait, même si je ne travaille plus quand je vais au boulot. J’y trouve du sens.


J’ai quelques amis, pas beaucoup. J’ai souvent eu comme amies des femmes. J’ai rencontré des amis qui me ressemblent, avec qui je peux être à 100% qui je suis. J’ai enfin trouvé ma place, dans ma famille, sur cette terre. Fini le sanguin, qui confondait vitesse et précipitation. Ma famille, ma bulle, mon cocon, je les ai créés. Je suis en sécurité quand je rentre. Je m’y ressource pour donner mon plein potentiel au travail.


Apprendre que je suis à haut potentiel était une nouvelle naissance. C’est une information difficile à digérer. Je sais que j’ai pu paraître hautain à certains moments. Mais je me suis également autorisé à répondre aux questions que mes collègues me posaient.


C’est un fonctionnement différent. Je suis qui je suis et c’est un plaisir. Aujourd'hui, je considère le haut potentiel comme une bénédiction.

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