• Jean-François Grard

Dansons maintenant - Séverine Martin

Dernière mise à jour : 26 juil. 2021

Dansons maintenant, un portrait entre message positif, cancer et partage d'expérience.


Le récit posté ci-dessous s'inspire librement de l'entretien mené par Jean-Michel avec Séverine Martin. Si vous désirez écouter cet entretien, vous pouvez le retrouver ici


Les récits de cette collection s'inspirent des entretiens passionnants menés par @Jean-Michel Rallet dans son podcast 'Changement de vie (in)volontaire', podcast que vous pouvez retrouver ici.


@Changementdevie(in)volontaire vous offre des #interviewsinspirantes où il est allé à la rencontre de femmes et d’hommes connus, ou pas, tous très inspirants, qui racontent comment un jour, leur vie aussi a changé.

Quand la musique s'éteint, après avoir dansé, fait des pas qui nous rendent vivant, les visages sont rayonnants. C'est vraiment beau à voir.


Dans cet environnement où certains se battent au quotidien contre cette foutue maladie, voir que d’autres ont gagné le combat et se réunissent chaque année pour se féliciter de leur victoire me fait énormément de bien.


A chaque fois, c’est une journée qui nous permet de créer un lien entre les combattants et les vainqueurs, d’échanger pour aller de l’avant, pour mettre la maladie KO. Pendant cette journée, nous brisons les tabous autour de cette maladie que nous n’osons parfois pas nommer. Nous mettons des mots pour permettre à chacun qui le vit de s’exprimer et de faire comprendre ce qu’ils traversent ou ont traversé, pour leur donner envie de reprendre le chemin là où ils l’avaient laissé.


Nous sommes tous des survivants, d’un combat que nous avons mené, qui nous a montré les forces que nous avions en nous, qui nous a offert d’autres compétences que nous pourrons utiliser à l’avenir.


Actuellement, cette journée s’organise dans ma région. Pourtant, ce serait bien qu’elle s’organise aussi ailleurs, qu’elle permette à d'autres de parler de leur maladie, femmes et hommes qui la vivent.


J’ai, moi aussi, traversé cette maladie, souffert dans mon corps et dans mon âme. J’ai du me reconstruire. J’en ai profité pour m’inventer une nouvelle vie, pour m’offrir l’opportunité de rebondir ailleurs. Je me suis formée, réorientée avec l’envie de porter la voix de ces combattants sur le net et les réseaux sociaux.


La maladie m’a frappée à l’aube de mes 40 ans. Comme souvent, je vérifiais ma poitrine sous la douche. C’est là que j’ai senti cette petite boule. Il y avait quelque chose qui n’allait pas. Je suis allée voir mon médecin traitant, qui m’a envoyé passer une mammographie. Lui qui me disait que c’était bénin s’était malheureusement trompé. De biopsie en examens, nous avons vérifié que ce fichu cancer ne s’était pas métastasé, déployé vers d’autres organes. Heureusement, pour ainsi dire, ce n’était pas le cas.

J’ai commencé alors le chemin des traitements, rapidement, pour combattre cette tumeur qui était agressive. Je ne faisais pas les choses à moitié. Pour moi, c’était la totale. J’étais inquiète, forcément. J’ai contacté ceux qui étaient médecin parmi mes amis. Je cherchais des personnes pour me rassurer, pour m’écouter. J’avais par ailleurs la chance d’être bien accompagnée dans le centre qui me suivait.


Je ne m’attaquais pas seule à ce cancer, j’emmenais avec moi mes enfants. Devoir le leur annoncer était un moment particulièrement difficile, même s’ils étaient en âge de comprendre. Je le leur ai expliqué le plus précisément possible, donnant un nom à notre nouvel ennemi, faisant de Krabvador une entité que nous devions anéantir. J’étais convaincue que nous allions le vaincre. Pour les rassurer, pour me rassurer. Je savais que j’allais en baver, que nous allions en baver mais que le soleil était au bout du chemin.


Chaque jour, j’écrivais dans un journal de bord mon quotidien, les émotions que je ressentais, les questions qui se présentaient, les étapes que je traversais, les obstacles que je surmontais. J’étais accompagnée par un groupe d’amies géniales, de proches, qui trouvaient des idées plus farfelues les unes que les autres pour me faire rire de cette maladie, pour la surmonter plus facilement, à l’aide de déguisements ou de gâteaux.


J’ai également ressenti le besoin de partager mon expérience avec d’autres femmes, d’écrire mon histoire sur le net. J’en faisais mon journal de vie, le livre de mon combat.


Aujourd’hui, je porte des cicatrices qui me rappellent ce que j’ai traversé. La vie est tellement fragile, le cancer a été pour moi une piqûre de rappel. J’ai compris que la vie pouvait s’arrêter rapidement. Demain peut présenter le mot ‘FIN’.


Alors j’ose, pour aller au bout de mes rêves, voyager, faire le tour du monde. Qu’est-ce que je risque après tout ? Je vis pleinement, je rencontre, je fais ce que j’aime parce que je n’ai rien de grave à perdre.

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